Une formation « cuisine végétarienne »


Article paru dans le Dauphiné Libéré le 18 octobre 2017.

Les acteurs du tourisme constatent une demande croissante de menus végétariens. Aussi, le réseau Accueil Paysan Ardèche a proposé ce jeudi 12 octobre 2017, une formation à la cuisine végétarienne. Cette formation s’est déroulée sur une journée à la ferme des Rancs à Cros-de-Géorand

 

L’intervenante, Marie-Christine BAUDIN, a rappelé les équilibres d’une alimentation végétarienne qui se base sur 6 groupes alimentaires majeurs : Légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, (lentilles, pois, pois chiches haricots secs, fèves soja …) fruits oléagineux (noix, amandes, noisette, noix de cajou, pistaches,…) et graines germées.

 

Elle a cité des études démontrant la réduction du risque de maladies comme l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, les cardiopathies ischémiques, l’hypercholestérolémie, l’hypertension , le diabète de type2 et certains type de cancers notamment du colon et de la prostate.

 

Mais, plus que tout, cette artisane de la cuisine nomade a su montré, par la pratique, une cuisine pleine de saveurs, utilisant le plus possible des produits locaux sains et naturels, certifiés agriculture biologique ou paysans.

 

Ainsi, les participants ont réalisé : des muffins à la carottes, un pâté de légumes râpés au curry de Madras, une sauce yaourt/basilic, un cake à la carotte, un gâteau à la courgette et pour finir une recette vegan de gâteau au chocolat.

 

Les participants, tous accueillant en table d’hôtes, souhaitent proposer aux estivants une offre qui corresponde à leurs aspirations. Cette formation s’est avérée bénéfique tant dans les apprentissages que pour les échanges qu’elle a permis. Marie-Christine Baudin était déjà intervenu en mai pour la fête d’accueil paysan et en septembre pour un atelier scolaire à l’école de Saint-Martial dans le cadre du festival de la gastronomie en Montagne Ardéchoise.

mariechristinebaudin@orange.fr ou
06 74 50 44 04 ou
04 27 52 94 04

Ferme des Rancs : dix ans de passion et d’amitié


 

Article paru dans Le Dauphiné Libéré du 25 juillet 2017.

Loin de la vie parisienne, Manu et Cathy Usala ne regrettent pas leur choix de vie. Manu est intarissable sur ses 25 chèvres mais aussi sur sa philosophie de la vie, qui se reflète sur la ferme. Il se rappelle encore la première année, voir le tracteur des voisins Joël et Gilbert Vernet descendre de la montagne pour apporter de la paille pour l’hiver. « Respecter l’environnement, les animaux, c’est se respecter soi et les clients, car les fromages n’en sont que meilleurs au goût et à la santé ». Et même à la « retraite » les chèvres le leur rendent bien. Manu et Cathy sont très attachés à leurs chèvres, comme dit Cathy « c’est un peu comme des enfants ».

La chèvre a le vent en poupe et donc le lait est assez bien valorisé.

La Ferme des Rancs c’est aussi l’accueil autour d’une assiette de fromages de différents affinages accompagné du bon pain de Manu et d’un petit vin bio ardéchois. Des sourires que l’on peut retrouver sur les marchés avec Cathy, ou en chambres et tables d’hôtes, leur complément d’activité. Quand vient l’hiver, le souffle de l’accordéon de Manu fait apprécier celui de la Burle et la machine à coudre de Cathy donne une seconde vie aux T-Shirts pour des patchworks très créatifs. Aux Rancs tout se récupère, on veille à ne pas gaspiller. L’hiver est aussi la saison de la « triple soupe » ; soupe de légumes en morceau le premier jour, soupe mixée le 2e jour et tarte à la soupe le 3e jour. Prochainement, les frères Cortial de Sainte-Eulalie vont venir remplir de bon foin la grange qui est déjà parfumée du foin coupé par Manu et pressé par un ami … Si vous descendez le chemin vers la cabane au fond du jardin, vous ne trouverez pas Cabrel, mais de sympathiques ânes, qui avec les poules, oies, canards, lapins, viennent en complément du troupeau de chèvres. Cathy s’investit à la Bouquinerie Crouseilloune, à l’atelier créativité et en tant qu’élue au conseil municipal.

Ces néo-ruraux qui s’installent en montagne ardéchoise


Article paru le jeudi 18 août 2016 dans la Tribune à la rubrique « le numéro des vacances »

« une certaine idée de la vie ». La formule est gravée sur le panneau de bois qui accueille le visiteur qui arrive aux Rancs, la ferme de Manu et Cathy Usala, près de Cros-de-Géorand, sur le plateau ardéchois. Cette ex-parisienne est installée ici depuis 2007 et fabrique des fromages de chèvres avec son mari. Sourire aux lèvres cette « néo-rurale » nous reçoit dans son potager et entre deux coups de bêche retrace pour nous l’histoire de cette reconversion.

 

« Je rêvais de verdure et de chèvres »

« Je suis ici parce que c’est physique, ce lieu me ressource énormément et je trouve que notre qualité de vie est géniale. Quand je pars tôt pour aller vendre mes fromages sur le marché, il n’y a pas un matin où je ne suis pas en admiration devant ce paysage. »

 

A vous voir ainsi travailler la terre, on a du mal à imaginer que vous avez passé la plus grande partie de votre vie active derrière un écran d’ordinateur ! Comment êtes-vous arrivée ici ?

« Je suis originaire de la région parisienne, mais du plus loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais aimé vivre en ville. Contrairement à d’autres personnes citadines de naissance, je ne m’y suis jamais habituée et j’ai toujours nourri le désir d’en partir un jour. »

 

Et vous le faites à 45 ans… Pourquoi si tard ?

« Déjà à l’adolescence je voulais après le bac m’installer à Orléans dans l’ancienne ferme de mon grand-père. Mais quand on vit en ville on a l’impression que c’est inaccessible, on pense ne pas avoir les connaissances pour cela, j’étais dans une forme d’autocensure. Je ne m’étais même pas formulé consciemment la possibilité de reprendre un jour cette ferme familiale.

J’ai donc choisi un métier qui me satisfaisait sur beaucoup de plans : en tant qu’assistante de direction j’étais très impliquée, ça me plaisait, j’y trouvais mon compte mais je l’avais choisi car je voulais privilégier les horaires réguliers, la vie de famille. Je compensais ma sensation de manque de grands espaces par des activités extérieures, beaucoup de randonnées. On s’échappait en montagne dès qu’on le pouvait et dès que je quittais la montagne à la fin des vacances je pleurais ! J’avais vraiment besoin de verdure. »

 

Et vous franchissez le pas…

« C’était en 2005. Il a fallu un divorce pour que je passe à l’action. Un soir, je suis allée à une réunion pour un projet d’éco-village à la Pierre Rabhi, à Paris. Il n’a pas abouti, mais autour de la table il y avait mon futur mari. Lui aussi avait le souhait de s’installer à la campagne après toute une carrière à la RATP. D’origine sarde, son père avait été pâtre, et la dureté de la vie l’avait poussé à aller en ville. Mais comme c’était un merveilleux conteur, son fils rêve un jour de lui aussi devenir pâtre après avoir pris sa retraite.

J’étais déjà seule et toujours aussi motivée pour m’installer à la campagne, on s’est donc bien trouvé tous les deux. Moi mon rêve était d’avoir des chèvres à la montagne, un point c’est tout ! La lecture des aventures de Heidi m’avaient beaucoup marquée enfant. Ainsi que le feuilleton télévisé de l’époque « Nans le berger »… J’étais gamine dans les années 70, et des amis de mes parents élevaient des chèvres dans les Cévennes. Aller chez eux me donnait un sentiment de liberté qui me plaisait énormément… »

 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous installer en Montagne Ardéchoise ?

« Manu connaissait bien l’Ardèche, nous visitons 5 ou 6 fermes avant de trouver celle qui correspondait à notre projet d’élevage caprin. En 2008 je rentre donc en formation en vue d’avoir mon brevet professionnel pour être responsable d’exploitation agricole. Mon mari, lui l’avait faite en 2006. C’était au Pradel, dans la vallée, je faisais la route presque tous les jours : j’étais impatiente le soir d’appliquer ce que j’avais appris en cours la journée ! A cette époque on avait seulement 4 chèvres. Aujourd’hui, nous avons 24 laitières, puis les petites chèvres qui vont rejoindre le troupeau l’an prochain et le bouc. »

 

Avez-vous le sentiment d’avoir fait le bon choix ?

« Oui, pas un moment je n’ai douté de ma nouvelle vocation. Mais ça n’enlève pas les doutes liés à tout nouveau départ ! Par exemple, à l’époque où j’étais encore en études je me rendais compte que pour démarrer une installation, il fallait avoir un certain nombre de chèvres et nous on était en dessous… On s’est demandé comment on allait faire car nos locaux et nos terrains n’étaient pas dimensionnés pour avoir ce minimum. C’est alors qu’on a eu l’idée de faire une activité d’accueil en complément en ouvrant trois chambres d’hôtes. Et c’est bien car l’hiver on est content de voir passer du monde ! Alors bien sûr quand je ramène aux nombres d’heures passées à produire du fromage, le rapport n’est plus le même qu’à Paris quand j’étais salariée, mais on ne fait pas ce métier pour gagner beaucoup d’argent. A moins de dimensionner sa structure d’emblée en fonction. C’est ce que je dis aux jeunes qui viennent me voir pour avoir des conseils. C’est assez rassurant d’ailleurs de voir que beaucoup de jeunes ont envie de s’installer en exploitation. »

 

Des regrets ou des déceptions ?

« Pour rien au monde je ne retournerai dans la région parisienne, mais l’éloignement avec ma famille est difficile. Mon fils est resté là-bas, mes amis aussi, et on ne se refait pas un réseau d’amis comme ceux que l’on connaît depuis l’enfance ou les études.

Et un autre regret aussi c’est que maintenant je sors beaucoup moins, je n’ai pas le temps ! Je ne vais plus randonner comme avant. Le matin la fromagerie, la traite le soir, les marchés presque toute l’année… c’est peut-être ça le plus difficile : ne pas relâcher pendant les cinq premières années. Maintenant pour être sûre d’avoir au moins trois sorties par an, je prend un abonnement au centre culturel de Vals-les-Bains.

Au début de notre installation ici, je vivais mal la saisonnalité très forte liée au lieu et à notre métier. A partir du 15 août toute l’activité retombe, j’avais un peu de mal avec cela. Alors, je me suis organisée pour mieux traverser ces fameux longs mois d’hiver du plateau ardéchois : couture, écriture, engagement au sein du conseil municipal, association de travaux manuels avec les personnes âgées, … je gère aussi la petite bibliothèque de Cros-de-Géorand, donc tout cela m’occupe pas mal ! »

 

Quel accueil avez-vous reçu ?

« J’ai senti que les gens étaient contents de nous voir arriver, car ils constatent que la montagne se désertifie. Même s’ils étaient au début assez réservés –ils en ont vu passer en quelques décennies  des « néo-ruraux » venus tenter leur chance ici – ils sont venus nous voir à la ferme pour nous apporter du soutien. Il faut dire aussi que pour se faire connaître on avait fait une journée portes ouvertes. Quand on arrive comme ça dans une région, on marche sur des œufs… Et puis on a fait notre place petit à petit. Mais j’ai eu de la chance car je n’ai jamais eu à aller chercher ma clientèle, progressivement les gens sont venus à moi et ça, ça donne du courage ! Aujourd’hui, nous fabriquons environ 24 000 fromages à l’année, des pyramides, des fromages de type picodons, de la tomme de montagne. Je vends à la ferme, mais aussi à des restaurateurs et aux chambres d’hôtes. J’ai aussi les marchés de producteurs. »