« L’eau et sa force »


Pont sur le Tauron par Aurore Chesney

Une randonnée agréable sur le sentier thématique « L’eau et sa force ». Les hêtres sont omniprésents et apportent ombres et lumières dans un bruissement de feuilles. Il s’agit d’une boucle de 10 km avec un dénivelé à parcourir de 410 m. Le départ prévu au village de Cros-de-Géorand, peut aussi s’effectuer à 200 m de la ferme à partir du lieu-dit « la Chapelle ». Cette randonnée d’environ 4h00 est un refuge idéal pendant les fortes chaleurs de l’été.

 

Lien sur le site de la Montagne Ardéchoise

Montagne Ardéchoise – Randonnées – Fiche 14

 

Le parcours

Liste   

Information
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Lf Hiker | E.Pointal contributor

Départ Officiel   

Latitude: 44° 47' 31"
Longitude: 4° 07' 35"

Description


Sentier l'Eau et sa Force   

Profile

50 100 150 200 5 10 15 Distance (km) Altitude (m)
Aucune donnée de dénivelé
Nom: Aucune donnée
Distance: Aucune donnée
Altitude minimum: Aucune donnée
Altitude maximum: Aucune donnée
Montée cumulée: Aucune donnée
Descente cumulée : Aucune donnée
Durée: Aucune donnée

Description

Le Tauron par Aurore Berger

 

La fiche de la randonnée

Fiche 14 - L'eau et sa Force

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Poème que vous retrouverez sur la fiche du sentier

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir tant d’espaces à entretenir,
Avoir tout l’espace à parcourir,
Etre inquiet pour l’avenir,
Etre fier de vous nourrir,
Chaque jour au travail,
Toujours que ça aille,
Avec le bétail, la volaille, les semailles, …
Et puis… Humer le foin, s’allonger dans la paille.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir le marché qui se brise,
Avoir une si belle entreprise,
Etre dans l’expertise,
Etre bien dans sa chemise,
Chaque jour en chemin,
Toujours entrain,
Avec les bovins, le jardin, les chevrotins, …
Et puis… Cueillir les myrtilles, cuire le lapin.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Voir en fin d’été sa source grège,
Voir l’hiver blanc de neige,
Etre sans privilège,
Emporté dans le manège,
Chaque jour dans le tourbillon,
En action,
Avec les moutons, la lactation, les rations, …
Et puis… Boire un canon, goûter le saucisson.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir envie de vacances,
Avoir tant d’indépendance,
Etre à la merci d’une turbulence,
Etre patience,
Chaque jour au labeur,
Toujours travailleur,
Avec le tracteur, défricheur, faneur, …
Et puis… Le bonheur d’être créateur de saveurs.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir les mains pleines d’écorchures
Avoir un ciel d’azur,
Etre dans la burle,
Vivre l’aventure,
Chaque jour à l’étable,
Imperturbable, avec le froid impitoyable,
Ou les mouches inombrables,
Et puis… Poser son regard sur les monts immuables.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir le soucis de ses bêtes,
Ecouter le chant de l’alouette,
Etre par nature inquiète,
se murmurer une chansonnette,
Chaque jour du bon foin en balle,
Pour le bien-être animal, mener le troupeau pastoral,
Tout là haut, à l’aube pâle,
Et puis… Ensemble partager un moment jovial.

Etre paysan aujourd’hui dans la montagne ardéchoise …
Avoir une ferme qui s’écroule,
Et pourtant tant d’amour,
Etre si attaché à son bourg,
A ses détours,
Chaque jour vous accueillir,
Toujours s’investir,
Avec plaisir, pour parvenir à épanouir vos loisirs
Et puis… simplement, de la vie, Jouir.

Heureux de nature, vivre de sa passion


« Tant de mains pour transformer ce monde et si peu de regards pour le contempler« . Cette parole de Julien Gracq, Frédéric Dupire en a fait sa philosophie. Lui, si discret, disparaît dans le paysage jusqu’à n’être plus qu’un regard. Il nous invite à partager son admiration profonde pour la nature. Seules une infinie patience et une réelle osmose avec l’univers peuvent capter ces mouvements de nature. Il nous offre un merveilleux recueil de photographies.

Seul un « Heureux de nature, vivant de sa passion » peut nous délivrer un si beau message.

Frédéric Dupire nous emmène dans une balade naturaliste et photographique à travers 8 régions françaises, à la rencontre de quinze personnes dont le métier est en lien avec la Nature. Il nous décrit le chemin parcouru par des passionnés, et leur rôle au quotidien pour prendre soin de leur environnement. Frédéric Dupire dresse également le portrait de huit animaux dont la présence enrichit les territoires traversés.

Frédéric Dupire s’est arrêté à la Ferme des Rancs ; une rencontre enrichissante qui a permis de tisser des liens. Nous lui souhaitons de poursuivre sur les chemins d’Ardèche et plus loin, … avec cette émotion dans les yeux qu’il nous fait partager et qui nous fait vibrer.

Merci Frédéric pour ce bel ouvrage :

  • Titre :  » Heureux de Nature, vivre de sa passion »
  • Auteur : Frédéric Dupire
  • Editeur : sarl nature directe
  • 208 pages au format 26x26cm relié
  • ISBN / 9782955568217
  • coût : 30 €uros

Un extrait des pages consacrées à la Ferme des Rancs : « Le hasard existe-t-il ? Personnellement je n’y crois pas ! Chaque jour, nos choix, nos rencontres et nos décisions nous mènent vers l’une ou l’autre direction. Les évènements que nous vivons sont les fruits de nos actes, de nos pensées, de nos désirs, de nos demandes. En réponse, la vie nous ouvre des chemins vers lesquels avancer, à nous de les percevoir, en suivant nos intuitions. »

Ces néo-ruraux qui s’installent en montagne ardéchoise


Article paru le jeudi 18 août 2016 dans la Tribune à la rubrique « le numéro des vacances »

« une certaine idée de la vie ». La formule est gravée sur le panneau de bois qui accueille le visiteur qui arrive aux Rancs, la ferme de Manu et Cathy Usala, près de Cros-de-Géorand, sur le plateau ardéchois. Cette ex-parisienne est installée ici depuis 2007 et fabrique des fromages de chèvres avec son mari. Sourire aux lèvres cette « néo-rurale » nous reçoit dans son potager et entre deux coups de bêche retrace pour nous l’histoire de cette reconversion.

 

« Je rêvais de verdure et de chèvres »

« Je suis ici parce que c’est physique, ce lieu me ressource énormément et je trouve que notre qualité de vie est géniale. Quand je pars tôt pour aller vendre mes fromages sur le marché, il n’y a pas un matin où je ne suis pas en admiration devant ce paysage. »

 

A vous voir ainsi travailler la terre, on a du mal à imaginer que vous avez passé la plus grande partie de votre vie active derrière un écran d’ordinateur ! Comment êtes-vous arrivée ici ?

« Je suis originaire de la région parisienne, mais du plus loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais aimé vivre en ville. Contrairement à d’autres personnes citadines de naissance, je ne m’y suis jamais habituée et j’ai toujours nourri le désir d’en partir un jour. »

 

Et vous le faites à 45 ans… Pourquoi si tard ?

« Déjà à l’adolescence je voulais après le bac m’installer à Orléans dans l’ancienne ferme de mon grand-père. Mais quand on vit en ville on a l’impression que c’est inaccessible, on pense ne pas avoir les connaissances pour cela, j’étais dans une forme d’autocensure. Je ne m’étais même pas formulé consciemment la possibilité de reprendre un jour cette ferme familiale.

J’ai donc choisi un métier qui me satisfaisait sur beaucoup de plans : en tant qu’assistante de direction j’étais très impliquée, ça me plaisait, j’y trouvais mon compte mais je l’avais choisi car je voulais privilégier les horaires réguliers, la vie de famille. Je compensais ma sensation de manque de grands espaces par des activités extérieures, beaucoup de randonnées. On s’échappait en montagne dès qu’on le pouvait et dès que je quittais la montagne à la fin des vacances je pleurais ! J’avais vraiment besoin de verdure. »

 

Et vous franchissez le pas…

« C’était en 2005. Il a fallu un divorce pour que je passe à l’action. Un soir, je suis allée à une réunion pour un projet d’éco-village à la Pierre Rabhi, à Paris. Il n’a pas abouti, mais autour de la table il y avait mon futur mari. Lui aussi avait le souhait de s’installer à la campagne après toute une carrière à la RATP. D’origine sarde, son père avait été pâtre, et la dureté de la vie l’avait poussé à aller en ville. Mais comme c’était un merveilleux conteur, son fils rêve un jour de lui aussi devenir pâtre après avoir pris sa retraite.

J’étais déjà seule et toujours aussi motivée pour m’installer à la campagne, on s’est donc bien trouvé tous les deux. Moi mon rêve était d’avoir des chèvres à la montagne, un point c’est tout ! La lecture des aventures de Heidi m’avaient beaucoup marquée enfant. Ainsi que le feuilleton télévisé de l’époque « Nans le berger »… J’étais gamine dans les années 70, et des amis de mes parents élevaient des chèvres dans les Cévennes. Aller chez eux me donnait un sentiment de liberté qui me plaisait énormément… »

 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous installer en Montagne Ardéchoise ?

« Manu connaissait bien l’Ardèche, nous visitons 5 ou 6 fermes avant de trouver celle qui correspondait à notre projet d’élevage caprin. En 2008 je rentre donc en formation en vue d’avoir mon brevet professionnel pour être responsable d’exploitation agricole. Mon mari, lui l’avait faite en 2006. C’était au Pradel, dans la vallée, je faisais la route presque tous les jours : j’étais impatiente le soir d’appliquer ce que j’avais appris en cours la journée ! A cette époque on avait seulement 4 chèvres. Aujourd’hui, nous avons 24 laitières, puis les petites chèvres qui vont rejoindre le troupeau l’an prochain et le bouc. »

 

Avez-vous le sentiment d’avoir fait le bon choix ?

« Oui, pas un moment je n’ai douté de ma nouvelle vocation. Mais ça n’enlève pas les doutes liés à tout nouveau départ ! Par exemple, à l’époque où j’étais encore en études je me rendais compte que pour démarrer une installation, il fallait avoir un certain nombre de chèvres et nous on était en dessous… On s’est demandé comment on allait faire car nos locaux et nos terrains n’étaient pas dimensionnés pour avoir ce minimum. C’est alors qu’on a eu l’idée de faire une activité d’accueil en complément en ouvrant trois chambres d’hôtes. Et c’est bien car l’hiver on est content de voir passer du monde ! Alors bien sûr quand je ramène aux nombres d’heures passées à produire du fromage, le rapport n’est plus le même qu’à Paris quand j’étais salariée, mais on ne fait pas ce métier pour gagner beaucoup d’argent. A moins de dimensionner sa structure d’emblée en fonction. C’est ce que je dis aux jeunes qui viennent me voir pour avoir des conseils. C’est assez rassurant d’ailleurs de voir que beaucoup de jeunes ont envie de s’installer en exploitation. »

 

Des regrets ou des déceptions ?

« Pour rien au monde je ne retournerai dans la région parisienne, mais l’éloignement avec ma famille est difficile. Mon fils est resté là-bas, mes amis aussi, et on ne se refait pas un réseau d’amis comme ceux que l’on connaît depuis l’enfance ou les études.

Et un autre regret aussi c’est que maintenant je sors beaucoup moins, je n’ai pas le temps ! Je ne vais plus randonner comme avant. Le matin la fromagerie, la traite le soir, les marchés presque toute l’année… c’est peut-être ça le plus difficile : ne pas relâcher pendant les cinq premières années. Maintenant pour être sûre d’avoir au moins trois sorties par an, je prend un abonnement au centre culturel de Vals-les-Bains.

Au début de notre installation ici, je vivais mal la saisonnalité très forte liée au lieu et à notre métier. A partir du 15 août toute l’activité retombe, j’avais un peu de mal avec cela. Alors, je me suis organisée pour mieux traverser ces fameux longs mois d’hiver du plateau ardéchois : couture, écriture, engagement au sein du conseil municipal, association de travaux manuels avec les personnes âgées, … je gère aussi la petite bibliothèque de Cros-de-Géorand, donc tout cela m’occupe pas mal ! »

 

Quel accueil avez-vous reçu ?

« J’ai senti que les gens étaient contents de nous voir arriver, car ils constatent que la montagne se désertifie. Même s’ils étaient au début assez réservés –ils en ont vu passer en quelques décennies  des « néo-ruraux » venus tenter leur chance ici – ils sont venus nous voir à la ferme pour nous apporter du soutien. Il faut dire aussi que pour se faire connaître on avait fait une journée portes ouvertes. Quand on arrive comme ça dans une région, on marche sur des œufs… Et puis on a fait notre place petit à petit. Mais j’ai eu de la chance car je n’ai jamais eu à aller chercher ma clientèle, progressivement les gens sont venus à moi et ça, ça donne du courage ! Aujourd’hui, nous fabriquons environ 24 000 fromages à l’année, des pyramides, des fromages de type picodons, de la tomme de montagne. Je vends à la ferme, mais aussi à des restaurateurs et aux chambres d’hôtes. J’ai aussi les marchés de producteurs. »