Ces néo-ruraux qui s’installent en montagne ardéchoise


Article paru le jeudi 18 août 2016 dans la Tribune à la rubrique « le numéro des vacances »

« une certaine idée de la vie ». La formule est gravée sur le panneau de bois qui accueille le visiteur qui arrive aux Rancs, la ferme de Manu et Cathy Usala, près de Cros-de-Géorand, sur le plateau ardéchois. Cette ex-parisienne est installée ici depuis 2007 et fabrique des fromages de chèvres avec son mari. Sourire aux lèvres cette « néo-rurale » nous reçoit dans son potager et entre deux coups de bêche retrace pour nous l’histoire de cette reconversion.

 

« Je rêvais de verdure et de chèvres »

« Je suis ici parce que c’est physique, ce lieu me ressource énormément et je trouve que notre qualité de vie est géniale. Quand je pars tôt pour aller vendre mes fromages sur le marché, il n’y a pas un matin où je ne suis pas en admiration devant ce paysage. »

 

A vous voir ainsi travailler la terre, on a du mal à imaginer que vous avez passé la plus grande partie de votre vie active derrière un écran d’ordinateur ! Comment êtes-vous arrivée ici ?

« Je suis originaire de la région parisienne, mais du plus loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais aimé vivre en ville. Contrairement à d’autres personnes citadines de naissance, je ne m’y suis jamais habituée et j’ai toujours nourri le désir d’en partir un jour. »

 

Et vous le faites à 45 ans… Pourquoi si tard ?

« Déjà à l’adolescence je voulais après le bac m’installer à Orléans dans l’ancienne ferme de mon grand-père. Mais quand on vit en ville on a l’impression que c’est inaccessible, on pense ne pas avoir les connaissances pour cela, j’étais dans une forme d’autocensure. Je ne m’étais même pas formulé consciemment la possibilité de reprendre un jour cette ferme familiale.

J’ai donc choisi un métier qui me satisfaisait sur beaucoup de plans : en tant qu’assistante de direction j’étais très impliquée, ça me plaisait, j’y trouvais mon compte mais je l’avais choisi car je voulais privilégier les horaires réguliers, la vie de famille. Je compensais ma sensation de manque de grands espaces par des activités extérieures, beaucoup de randonnées. On s’échappait en montagne dès qu’on le pouvait et dès que je quittais la montagne à la fin des vacances je pleurais ! J’avais vraiment besoin de verdure. »

 

Et vous franchissez le pas…

« C’était en 2005. Il a fallu un divorce pour que je passe à l’action. Un soir, je suis allée à une réunion pour un projet d’éco-village à la Pierre Rabhi, à Paris. Il n’a pas abouti, mais autour de la table il y avait mon futur mari. Lui aussi avait le souhait de s’installer à la campagne après toute une carrière à la RATP. D’origine sarde, son père avait été pâtre, et la dureté de la vie l’avait poussé à aller en ville. Mais comme c’était un merveilleux conteur, son fils rêve un jour de lui aussi devenir pâtre après avoir pris sa retraite.

J’étais déjà seule et toujours aussi motivée pour m’installer à la campagne, on s’est donc bien trouvé tous les deux. Moi mon rêve était d’avoir des chèvres à la montagne, un point c’est tout ! La lecture des aventures de Heidi m’avaient beaucoup marquée enfant. Ainsi que le feuilleton télévisé de l’époque « Nans le berger »… J’étais gamine dans les années 70, et des amis de mes parents élevaient des chèvres dans les Cévennes. Aller chez eux me donnait un sentiment de liberté qui me plaisait énormément… »

 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous installer en Montagne Ardéchoise ?

« Manu connaissait bien l’Ardèche, nous visitons 5 ou 6 fermes avant de trouver celle qui correspondait à notre projet d’élevage caprin. En 2008 je rentre donc en formation en vue d’avoir mon brevet professionnel pour être responsable d’exploitation agricole. Mon mari, lui l’avait faite en 2006. C’était au Pradel, dans la vallée, je faisais la route presque tous les jours : j’étais impatiente le soir d’appliquer ce que j’avais appris en cours la journée ! A cette époque on avait seulement 4 chèvres. Aujourd’hui, nous avons 24 laitières, puis les petites chèvres qui vont rejoindre le troupeau l’an prochain et le bouc. »

 

Avez-vous le sentiment d’avoir fait le bon choix ?

« Oui, pas un moment je n’ai douté de ma nouvelle vocation. Mais ça n’enlève pas les doutes liés à tout nouveau départ ! Par exemple, à l’époque où j’étais encore en études je me rendais compte que pour démarrer une installation, il fallait avoir un certain nombre de chèvres et nous on était en dessous… On s’est demandé comment on allait faire car nos locaux et nos terrains n’étaient pas dimensionnés pour avoir ce minimum. C’est alors qu’on a eu l’idée de faire une activité d’accueil en complément en ouvrant trois chambres d’hôtes. Et c’est bien car l’hiver on est content de voir passer du monde ! Alors bien sûr quand je ramène aux nombres d’heures passées à produire du fromage, le rapport n’est plus le même qu’à Paris quand j’étais salariée, mais on ne fait pas ce métier pour gagner beaucoup d’argent. A moins de dimensionner sa structure d’emblée en fonction. C’est ce que je dis aux jeunes qui viennent me voir pour avoir des conseils. C’est assez rassurant d’ailleurs de voir que beaucoup de jeunes ont envie de s’installer en exploitation. »

 

Des regrets ou des déceptions ?

« Pour rien au monde je ne retournerai dans la région parisienne, mais l’éloignement avec ma famille est difficile. Mon fils est resté là-bas, mes amis aussi, et on ne se refait pas un réseau d’amis comme ceux que l’on connaît depuis l’enfance ou les études.

Et un autre regret aussi c’est que maintenant je sors beaucoup moins, je n’ai pas le temps ! Je ne vais plus randonner comme avant. Le matin la fromagerie, la traite le soir, les marchés presque toute l’année… c’est peut-être ça le plus difficile : ne pas relâcher pendant les cinq premières années. Maintenant pour être sûre d’avoir au moins trois sorties par an, je prend un abonnement au centre culturel de Vals-les-Bains.

Au début de notre installation ici, je vivais mal la saisonnalité très forte liée au lieu et à notre métier. A partir du 15 août toute l’activité retombe, j’avais un peu de mal avec cela. Alors, je me suis organisée pour mieux traverser ces fameux longs mois d’hiver du plateau ardéchois : couture, écriture, engagement au sein du conseil municipal, association de travaux manuels avec les personnes âgées, … je gère aussi la petite bibliothèque de Cros-de-Géorand, donc tout cela m’occupe pas mal ! »

 

Quel accueil avez-vous reçu ?

« J’ai senti que les gens étaient contents de nous voir arriver, car ils constatent que la montagne se désertifie. Même s’ils étaient au début assez réservés –ils en ont vu passer en quelques décennies  des « néo-ruraux » venus tenter leur chance ici – ils sont venus nous voir à la ferme pour nous apporter du soutien. Il faut dire aussi que pour se faire connaître on avait fait une journée portes ouvertes. Quand on arrive comme ça dans une région, on marche sur des œufs… Et puis on a fait notre place petit à petit. Mais j’ai eu de la chance car je n’ai jamais eu à aller chercher ma clientèle, progressivement les gens sont venus à moi et ça, ça donne du courage ! Aujourd’hui, nous fabriquons environ 24 000 fromages à l’année, des pyramides, des fromages de type picodons, de la tomme de montagne. Je vends à la ferme, mais aussi à des restaurateurs et aux chambres d’hôtes. J’ai aussi les marchés de producteurs. »

 

 

Un nouveau site internet


Réalisé au cours du mois de mars 2016,

ce site est le fruit d’un partenariat efficace

Entre :

Une webmaster qui craint de prendre un coup de corne, qui préfère garder ses distances avec le chien de troupeau. Une webmaster qui ne comprend rien au comportement de la chèvre en chaleur,…

Mais une webmaster qui code, décode, encode…Une webmaster chef qui blogue, qui gulpe, qui grunt, qui debugue,

Et

Une chevrière qui trimballe son PC portable toujours accroché à son fil de secteur, car elle est persuadée que le boîtier au bout du fil (transformateur) constitue la batterie du PC portable. Une chevrière qui ne comprend que le langage des fleurs et rien au jargon informatique.

Mais une chevrière qui connaît sa structure… Une chevrière qui sait quel message elle souhaite adresser.

 

Parce que la webmaster a su entendre les demandes de la chevrière et parce que la chevrière a su écouter les conseils de la webmaster,

ce site est tel qu’il est :

  • Une présentation fidèle de notre exploitation agricole et de notre philosophie
  • Un site rapide et convivial
  • Un site évolutif

 

Coordonnées de notre webmaster :

mandelbrot avec du javascript
Elisabeth Pointal
13 résidence Vaucouleur
91940 Les Ulis

09 64 43 09 40
06 31 00 26 46
elisabeth.pointal@free.fr
elisabeth.pointal@gmail.com
http://elisabeth.pointal.org/
 

Manger bio, la fête du lait


fete du lait Manger bio

Manger bio, c’est bon pour la santé !

La fête du lait bio ou….

Quand fermier rime avec convivialité

Ce dimanche 5 juin 2016, Cathy et Manu USALA ont convié les habitants et les touristes à venir partager un petit déjeuner à la ferme dans le cadre de « la fête du lait bio ». Les personnes arrivaient au fur et à mesure, grimpant courageusement la côte qui mène aux Rancs. Leïla en formation BPREA au Pradel, mais aussi Lucie, Camille, Simon et Mathilde en BTS agricole au lycée Olivier de Serres et Solange, amie et voisine, ont constitué une équipe accueillante et dynamique.

Petit-déjeuner à la grange

La grange sentait bon le foin. Les tables, colorées par les bouquets de fleurs des champs, proposaient des confitures maison, du beurre et du miel de châtaignier, bio bien sûr. Et chacun de croquer à pleine dent, le pain confectionné pour l’occasion par Manu, et de se laisser surprendre par la douceur du lait de chèvre.

Cathy avait délimité un espace « enfant ». Et voici que les bottes de paille devenaient banquette pour lire la fable du loup et des 7 chevreaux. Sur la cloison en bardage de bois, une grande fresque est progressivement apparue sous les coups de crayon des enfants artistes. Un jeu : « le mur gruyère » a séduit les petits. Notons que les adultes n’hésitaient pas à faire la souris avec leurs enfants.

De la compagnie pour les chèvres

A 11h00, Manu a invité les nombreuses personnes à accompagner le troupeau. Les chèvres sont parties en tête, heureuse de rejoindre le pâturage. En haut de la colline, Manu a présenté la lande que les bêtes à cornes parcourent avec bonheur. Puis, il a décrit sa conception d’un entretien manuel des terres, respectueux de l’environnement. L’exposé s’est achevé par le souhait d’un homme bientôt âgé de 60 ans, qui gère sa ferme avec le soucis de transmettre aux jeunes l’envie de faire ce métier et le plaisir de vivre sur le plateau ardéchois et le souhait plus tard… d’une transmission en douceur de son exploitation.

Il semble que chacun soit reparti avec des parfums de genêts dans la tête et un bol souvenir portant l’inscription « fête du lait bio en Auvergne-Rhône-Alpes ».

DSC_0529

Dimanche 5 juin 2016 –  9h à 12h

La Ferme des Rancs a participé à cet évènement mis en place par Agribio Ardèche.